Que valent (vraiment) les formations post-bac des grandes écoles ?

Venus du monde anglo-saxon, les bachelors post-bac font leur apparition dans nos grandes écoles de commerce et d’ingénieurs depuis quelques années. Que valent-ils face aux classiques cursus accessibles à Bac+2 ? On fait le point.

Connaissez-vous les bachelors ? Venues tout droit du monde anglo-saxon, ces formations post-bac d’une durée de trois ou quatre ans s’inscrivent dans le schéma Licence Master Doctorat (LMD). De plus en plus de grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs ont leur propre bachelor : on compterait déjà environ 50 cursus de ce type. Derniers en date, ceux récemment lancés par la prestigieuse École Polytechnique et l’ESCP Europe.

Sur le papier, ces cursus post-bac présentent un certain nombre d’atouts. Premier avantage, et non des moindres : permettre aux jeunes bacheliers d’intégrer le giron de grandes écoles, sans forcément avoir passé par les très sélectives classes prépa, indispensables pour accéder aux classiques cursus Bac+2. Autre argument rassurant jouant en faveur des bachelors : la qualité de l’enseignement n’y est pas non plus au rabais.

“Nos grandes écoles ont un ADN très marqué : faire un bachelor dans tel ou tel établissement, c’est profiter d’une marque de fabrique qui s’instille dans les contenus des programmes”, explique Frank Bournois, directeur général de l’ESCP Europe et président de la commission Formation de la Conférence des grandes écoles (CGE). Comme la plupart des formations de grandes écoles, ces bachelors sont aussi très tournés vers l’international.

Attention, toutefois : ces formations sont souvent très coûteuses. Il faut ainsi, par exemple, débourser 14.000 euros par an pour le bachelor de l’ESCP, 12.000 euros pour celui de Polytechnique, ou encore 13.000 euros à l’Essec, même si des bourses au mérite et des exonérations pour les boursiers du Crous existent. Mis bout à bout, un bachelor peut donc revenir plus cher qu’un classique master grande école. Ce d’autant, que de nombreux diplômés poursuivent leurs études après le bachelor, renchérissant ainsi encore le coût de la scolarité. À l’ESCP Europe, par exemple, Frank Bournois estime que “ 40% à 45% poursuivent en master dans une autre école ou à l’université et 20% restent dans l’école pour suivre un master spécialisé”.

Il peut y avoir une différence de salaire entre ceux qui ont suivi un master grande école et ceux qui sortent d’un bachelor

Autre écueil de ces formations post-bac : même si les diplômés de bachelors peuvent peu ou prou prétendre aux mêmes postes que leurs camarades de cursus classique grande école, ils n’auront pas forcément le même niveau de rémunération à l’embauche. “Pour les diplômés d’une grande école d’ingénieur, il peut y avoir une différence de salaire entre ceux qui ont suivi un master grande école et ceux qui sortent d’un bachelor. Cela est néanmoins plus faible pour les diplômés d’école de commerce”, estime Mathieu Loué, manager executive au sein du cabinet de recrutement Hays Paris. Ainsi, rapporté à un salaire annuel, un ingénieur diplômé d’un master grande école peut gagner, selon lui, entre 5.000 et 8.000 euros de plus que son homologue issu d’un bachelor.

En outre, dans certaines grandes entreprises, un diplômé du cursus classique d’une grande école de commerce conserve toujours un avantage particulier : “en milieu de parcours, certains bénéficient de promotions plus rapides du simple fait qu’ils ont suivi la même formation que leur manager ou leur patron”, analyse aussi Mathieu Loué.

Source : https://www.capital.fr/votre-carriere/grandes-ecoles-que-valent-vraiment-les-formations-post-bac-des-grandes-ecoles-1330372

mars 11, 2019

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